gouvernance

Elle doit être définie en fonction des enjeux et des projets et non en fonction d’un périmètre administratif. Le logement, la logistique urbaine, l’économie circulaire, la relocalisation productive (activités), la revitalisation commerciale, l’agriculture urbaine, les nouvelles formes du travail…ont chacune des impacts forts sur la programmation et l’économie des projets urbains. Leur périmètre ne peut-être prédifini ou circonscrit. Cela n’aurait aucun sens.

Elle doit permettre la coopération entre les différentes échelles. C’est l’un des plus importants chantiers de la gouvernance car elle implique de sortir des modes de travail en silos qui impacte fortement les projets urbains. Instaurer une transversalité entre les différents projets (mobilité, énergie, économie circulaire, logement, espace public, activités…) est du domaine de l’opérationnel. Sa mise en oeuvre est cependant stratégique.

Elle doit être ouverte à l’ensemble des parties prenantes (public, privé, citoyenne) pour mieux prendre en compte les solutions à la hauteur des enjeux et pour engager une vraie dynamique qui diffuse au-delà des projets (dans le temps et dans l’espace). Les acteurs privés et les initiatives citoyennes y sont prêtes. Ces dernières préférant parfois avancer seules, contournant l’administration, qu’elles estiment à tort ou à raison contre-productive.

Ceux qui affirment qu’il suffit que la puissance publique initie pour permettre aux acteurs privés de jouer leur rôle d’investisseur se trompent. Ils ne font que conforter des pratiques datées. Cette vision est totalement dépassée. Elle est un non-sens économique et social. Sans compréhension fine des enjeux, apports et contraintes des différentes parties prenantes, en amont des projets, on ne fait que produire des projets standards, répondant très partiellement aux enjeux. Les élus et les services doivent muscler l’analyse des besoins et des forces- faiblesses-risques-atouts de leur territoire, la partager plus largement, pour produire des intensions plus précises et une stratégie davantage partagée par l’ensemble des acteurs qui produisent la ville. L’implication des parties prenantes locales qui dépasse les seuls acteurs identifiés, mais aussi les signaux faibles porteurs d’innovation sous tous ses formes, devient donc fondamentale. Elle permet de développer des cahiers des charges plus précis et d’engager une dynamique qui s’auto-alimente, qui se diffuse dans le territoire et au-delà. Sans ce travail fin, nous nous en remettrions aux nouveaux acteurs des services urbains type Google, Amazon qui produiraient de la ville standardisée, désincarnée / ce qui a fait la ville européenne, héritière des villes antiques de Babylone, Jérusalem et Constantinople (se résumant à une imbrication forte entre le bâti, les usages de toutes sortes et l’espace public).

© jef aérosol